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RDC : le prix de la paix Michael Sharp décerné à une organisation du Sud-Kivu, neuf ans après l’assassinat de l’expert onusien

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Par GrandsLacsTv

Publié le 21 septembre 2026

3 min de lecture

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RDC : le prix de la paix Michael Sharp décerné à une organisation du Sud-Kivu, neuf ans après l’assassinat de l’expert onusien

Une organisation congolaise du Sud-Kivu, le Programme de Paix et Réconciliation (PPR), a reçu ce lundi 21 septembre 2026 le prix mondial Michael J. Sharp du bâtisseur de paix, décerné chaque année par le Mennonite Central Committee (MCC). Une distinction qui salue dix-huit ans de médiation avec les groupes armés, aujourd’hui prolongée par un combat pour la justice minière dans le territoire de Mwenga.

L’annonce a été faite le 21 septembre, Journée internationale de la paix. Le prix, remis chaque année par cette organisation confessionnelle américaine engagée dans l’aide humanitaire, le développement et la paix, entend distinguer des artisans de paix qui prennent des risques. Des risques, le PPR en a pris. mcc

À partir de 2007, ses agents et facilitateurs bénévoles marchaient des kilomètres à l’intérieur de la forêt pour convaincre des chefs de groupes armés de déposer les armes, de se démobiliser et de retourner à la vie civile. Entre 2007 et 2015, quelque 1 500 combattants et 30 000 membres de leurs familles ont regagné le Rwanda, pays qu’ils avaient fui au moment du génocide de 1994. Soit 31 500 personnes sorties du cycle de la violence, selon le décompte de l’organisation.

Le prix a eu un coût humain. Deux facilitateurs ont été tués et une autre violée ; le travail s’est néanmoins poursuivi, rapporte le révérend Bulambo Lembelembe, fondateur et secrétaire exécutif du PPR.

Les opérations se faisaient en lien avec la MONUSCO, qui assurait le transport des candidats au retour vers le centre de démobilisation et de réintégration de Mutobo, au Rwanda.

Le nom du prix rappelle un autre drame. L’Américain Michael J. Sharp a travaillé avec le MCC et le PPR entre 2012 et 2015, avant de poursuivre son engagement comme expert des Nations unies. Il a été exécuté en 2017 avec sa collègue Zaida Catalán alors qu’ils enquêtaient sur des violations des droits humains au Kasaï. En juin, un colonel de l’armée congolaise et trente autres personnes ont été reconnus coupables de crimes de guerre en lien avec ces assassinats.

Moise Butimbushi, ancien cadre du PPR qui a fondé en 2023 la Fondation Michael J. Sharp en RDC, résume la méthode : écouter, rester courtois et respectueux, malgré les atrocités commises. Face aux combattants, souvent des FDLR, l’argument décisif était l’avenir de leurs enfants, privés d’école tant que la famille restait dans la forêt.

Depuis 2017, le PPR a recentré son action sur le territoire de Mwenga, au Sud-Kivu, où 180 jeunes ex-combattants congolais ont été réinsérés grâce à une formation professionnelle et un accompagnement psychologique. Et depuis 2023, l’organisation s’attaque à ce qu’elle considère comme la racine des violences dans la zone : la bataille pour l’or et les minerais destinés à l’électronique  étain, tantale et tungstène.

‘Les exploitants surgissent sans prévenir avec pelles mécaniques et tracteurs, éventrent les champs, abattent les arbres et draguent les rivières sans consulter ni les autorités locales ni les propriétaires terriens, explique le docteur Isokelo Munyuku, pédiatre et défenseur des droits humains au sein du PPR.

D’où une campagne de sensibilisation au code minier, par la radio et en ateliers : la plupart des habitants ignorent que la loi impose aux exploitants d’indemniser les propriétaires, de consulter les chefs locaux et de réhabiliter l’environnement dégradé.

Pour la démonstration, le PPR a aménagé trois grands étangs piscicoles sur d’anciens sites miniers, dont l’eau et les poissons sont régulièrement testés. Le produit de la vente doit financer un mécanisme de microcrédit au bénéfice des personnes affectées par l’exploitation.

« Cette zone peut être restaurée et redevenir utile à la communauté », plaide le docteur Munyuku.

Le PPR est en train de changer de dénomination pour devenir l’Initiative chrétienne pour la paix, la réconciliation et le développement (ICPRD).

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