Dans le cadre d’une vaste offensive contre les boissons alcoolisées dangereuses, la Rwanda Food and Drugs Authority (Rwanda FDA) a annoncé, le mercredi 5 août, la suspension temporaire de l’importation de 53 marques, suivie, le lendemain, de la fermeture de 27 nouveaux sites de production. Ces mesures radicales visent à endiguer une série d’intoxications mortelles liées à la consommation d’alcools frelatés, connus localement sous le nom d’« ibyuma ».
Dans un premier communiqué publié le 5 août 2026, le régulateur rwandais a ordonné la suspension immédiate de l’importation des boissons alcoolisées énumérées dans une annexe (Annexe I). Parmi les marques les plus connues figurent le Gilbeys Gin (importé du Kenya et de l’Ouganda), le Konyagi et le Kiwingu Spirit (en provenance de Tanzanie). La liste comprend également Safari Gin, Kenya King, Bond 7 Whisky, Magic Moments Chocolate Vodka, Club 5 Gin, Tembo Liqueur, Campfire Gin et X5 Gin, ainsi que de nombreux autres gins, whiskies, vodkas et liqueurs.
Ces produits, importés de six pays (Burundi, Inde, Kenya, Pologne, Tanzanie et Ouganda), doivent être retirés immédiatement des rayons. Les importateurs ont l’obligation de procéder à un rappel total des marchandises et de soumettre un rapport détaillant ces opérations dans un délai de trois jours ouvrables.
Dans la foulée, le 6 août, la Rwanda FDA a publié un second communiqué annonçant la fermeture de 27 nouvelles fabriques de boissons alcoolisées et la révocation de leurs licences de fabrication. Ces établissements, dont les produits figurent dans une nouvelle annexe (Annexe IV), sont sommés de rappeler l’intégralité de leurs lots.
Cette décision porte à 136 le nombre total d’entreprises fermées par les autorités en l’espace de trois jours, témoignant de l’ampleur de l’opération de contrôle.
Pour les distributeurs et les détaillants, les consignes sont sans équivoque :
Cesser immédiatement la distribution et la vente des produits visés ;
Retourner les stocks restants aux importateurs ou aux fabricants.
Les consommateurs sont quant à eux invités à ne plus consommer ces boissons et à cesser toute utilisation des produits concernés.
Par ailleurs, toute publicité ou support promotionnel relatif aux marques suspendues doit être retiré sans délai de tous les lieux d’exposition.
La Rwanda FDA a averti que tout manquement à ces obligations exposerait les contrevenants à des sanctions prévues par la réglementation en vigueur. L’autorité précise également que d’autres produits et établissements pourraient faire l’objet de mesures complémentaires, les inspections se poursuivant sur l’ensemble du territoire.
Alors que le rappel des produits interdits est en cours, plusieurs acteurs de la société civile dans la région se disent préoccupés par le sort des stocks massifs retirés du marché rwandais. Ils redoutent que certains importateurs, cherchant à minimiser leurs pertes financières, ne tentent de faire traverser illégalement ces boissons dangereuses vers les pays voisins, notamment la République démocratique du Congo (RDC) et le Burundi, où ces produits dangereux ne sont pas soumis à cette mesure.
« Ces produits sont mortels. Les importateurs qui les ont en stock pourraient être tentés de les écouler ailleurs plutôt que de les détruire, ce qui mettrait en danger des milliers d’autres consommateurs », alerte un responsable d’une organisation de défense des consommateurs basée à Goma, dans l’est de la RDC.
Face à ce risque avéré, ces mêmes acteurs lancent un appel pressant aux consommateurs des villes riveraines, en RDC (Goma, Bukavu, Uvira) et au Burundi (Bujumbura), ainsi qu’aux commerçants locaux, de redoubler de prudence et de s’abstenir d’acheter ou de consommer toute bouteille provenant de ces marques suspendues, qui pourraient réapparaître sur les marchés informels à bas prix.
« Nous demandons à nos compatriotes de ne pas céder à la tentation de ces alcools bon marché qui pourraient être déversés chez nous. Votre santé est en jeu. Ces boissons ont déjà tué au Rwanda. Ne les laissez pas vous tuer aussi », a déclaré un militant burundais de la santé publique, joint par téléphone.
Cette répression sans précédent survient après la multiplication des cas d’intoxication liés à la consommation d’alcools toxiques, qui ont fait des dizaines de morts au Rwanda ces dernières semaines. La FDA rwandaise justifie ces décisions par la nécessité de préserver la santé publique et d’assainir un marché désormais placé sous haute surveillance. Mais alors que les stocks rappelés cherchent peut-être une nouvelle porte de sortie, la vigilance reste de mise au-delà des frontières rwandaises.
Source: https://x.com/RwandaFDA/status/2085410640089211246?s=20
IGIHE


« Nous demandons à nos compatriotes de ne pas céder à la tentation de ces alcools bon marché qui pourraient être déversés chez nous. Votre santé est en jeu. Ces boissons ont déjà tué au Rwanda. Ne les laissez pas vous tuer aussi », a déclaré un militant burundais de la santé publique, joint par téléphone.

