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Uvira en état d’alerte : 4 jours de terreur, 7 victimes, et un silence assourdissant des autorités

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Par GrandsLacsTv

Publié le 6 août 2026

3 min de lecture

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Uvira en état d’alerte : 4 jours de terreur, 7 victimes, et un silence assourdissant des autorités

La quiétude des bords du lac Tanganyika est devenue, en l’espace de quatre jours, le théâtre d’une violence inouïe. De samedi à mardi, la ville et le territoire d’Uvira ont été secoués par une vague de crimes d’une rare brutalité, laissant derrière elle un bilan provisoire de trois morts, quatre blessés graves, un corps martyrisé et une femme âgée sauvagement battue.

Dans un communiqué choc publié ce jeudi, le Bureau de la Coordination provinciale de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) dénonce “la dégradation continue” de la  situation sécuritaire qu’elle qualifie de “spirale de la mort”. Les faits, minutieusement documentés, dessinent le portrait d’une population prise en étau entre des tueurs insaisissables et des autorités qui, selon la société civile, “peinent à réagir”.

Le cauchemar a commencé le samedi 1er août. À 20 heures, dans le quartier Kasenga, un jeune homme de plus de 25 ans est fauché par des balles d’individus non identifiés. Une heure plus tard, c’est une femme prénommée Vumilia qui est grièvement touchée à Kavimvira. Dans la foulée, à Kawizi, un homme est exécuté. Trois tirs en moins de deux heures pour ouvrir ce mois d’août.

Le lendemain, l’horreur prend un visage plus macabre encore. Aux alentours de 7 heures du matin, sur les rives du lac, le corps sans vie d’un réparateur de téléphones est retrouvé. L’homme, visiblement torturé avant d’être achevé, porte les stigmates d’une mort lente et douloureuse.

L’escalade atteint son paroxysme le lundi 3 août. À Kabindula, deux jeunes issus d’une même famille, dont le père est pourtant policier, sont pris pour cible. L’un meurt sur le coup, l’autre lutte entre la vie et la mort dans un hôpital. Le mardi, les violences se poursuivent : une septuagénaire est rouée de coups à Kakombe, tandis que dans le village de Ndunda, un père de 61 ans, Oredi Rutaha, est tué sous les yeux de son fils Lidjo, grièvement blessé par balle.

Face à ce déferlement de barbarie, la NSCC, par la voix de son coordinateur Mafikiri Mashimango Martin, ne mâche pas ses mots. Elle “condamne avec la plus grande fermeté” ces actes criminels et déplore la “passivité” des autorités compétentes.

“Le silence est assourdissant. Pendant que les corps s’amoncellent, les bourreaux circulent librement”, peut-on lire en filigrane dans le communiqué. La société civile ne se contente plus d’un simple constat ; elle passe à l’action en exigeant la tenue “urgente” d’une réunion élargie du Conseil provincial de sécurité.

L’objectif affiché est clair : sortir de la gestion de l’urgence pour proposer des “mesures concrètes, efficaces et durables”. La NSCC appelle à une mobilisation générale pour que la plaine de la Ruzizi cesse d’être une “zone de non-droit” et redevienne un territoire où les familles peuvent dormir sans craindre d’être réveillées par des coups de feu.

 Alors que la société civile a fait son travail de documentation et d’alerte, les regards se tournent vers le gouverneur du Sud-Kivu. La population, meurtrie et en colère, attend des actes. La promesse de sécurité semble, pour l’heure, avoir été trahie par la réalité des armes.

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