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À Kasika, les tombes des victimes de 1998 au cœur de la colère contre le M23

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Par GrandsLacsTv

Publié le 20 août 2026

3 min de lecture

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À Kasika, les tombes des victimes de 1998 au cœur de la colère contre le M23

À Kasika, dans le territoire de Mwenga, la présence actuelle du M23 ravive un souvenir que les habitants disent ne pas vouloir voir effacé : celui du massacre du 24 août 1998, lorsque des centaines de civils avaient été tués dans cette partie du Sud-Kivu.

Vingt-huit ans après les faits, la perspective de voir des combattants du M23 revenir ou s’installer sur les lieux associés à cette tragédie provoque l’indignation d’une partie de la population et de la diaspora de la chefferie de Lwindi. Pour ces habitants, il ne s’agit pas seulement d’un changement de contrôle militaire. La présence d’un mouvement qu’ils associent à l’histoire des forces armées rwandaises et des rébellions soutenues par Kigali est vécue comme une atteinte à la mémoire des victimes.

Le massacre de Kasika s’est déroulé principalement le 24 août 1998, dans le contexte de la deuxième guerre du Congo. Des forces du RCD, alliées à des militaires rwandais de l’APR, ont mené des opérations de représailles après une embuscade attribuée aux Maï-Maï la veille. Les violences ont touché Kasika, Kalama, Zokwe et Kilungutwe. Le rapport Mapping des Nations unies évoque plus d’un millier de civils tués dans cette zone.

La paroisse catholique de Kasika avait notamment été attaquée. Des religieux et des fidèles figurent parmi les victimes. Le Mwami François Mubeza III, chef de la chefferie de Lwindi, et son épouse Yvette Nyange ont également été tués. Des membres de la famille royale et de la population civile ont péri dans les mêmes violences.

Pour les habitants, c’est précisément cette proximité entre les lieux de mémoire et la présence actuelle du M23 qui nourrit le sentiment de profanation. Les tombes du Mwami et des autres victimes ne représentent pas seulement des sépultures. Elles sont devenues, au fil des années, des lieux où se concentre la mémoire du massacre.

La colère exprimée par la diaspora de la chefferie de Lwindi en Belgique repose ainsi sur une question de mémoire : comment accepter que ceux que les habitants associent aux forces responsables des massacres puissent aujourd’hui apparaître sur les mêmes terres, alors que les familles des victimes attendent toujours justice et reconnaissance ?

En 2022, Radio Okapi rapportait déjà que les proches d’au moins 800 victimes réclamaient justice et réparation, 24 ans après le massacre. (Radio Okapi)

La question prend une dimension particulière à l’approche du 24 août, date anniversaire du massacre. Pour les habitants de Kasika, la mémoire des morts ne peut être dissociée des lieux où ils ont été tués et enterrés.

La dénonciation actuelle ne porte donc pas uniquement sur la présence d’un groupe armé. Elle exprime aussi la crainte de voir l’histoire du massacre réécrite ou banalisée par une nouvelle occupation militaire des lieux où des civils avaient été massacrés en 1998.

À Kasika, les tombes restent ainsi au centre d’une mémoire que les habitants considèrent comme non négociable : celle de leurs familles, de leur chef traditionnel, des religieux et des centaines de civils tués il y a vingt-huit ans.

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