Reçus vendredi 14 août 2026 sur le site de Busuma (province de Buhumuza, est du Burundi) par le ministre burundais des Relations extérieures, un haut représentant de l’Union africaine et plusieurs partenaires humanitaires, des réfugiés congolais ont exigé leur rapatriement immédiat en République démocratique du Congo, dénonçant des conditions de vie qu’ils jugent insoutenables. La délégation a répondu par un appel à la patience, arguant de la persistance des combats à l’est de la RDC.
Le camp de Busuma, en commune de Ruyigi, accueille encore plusieurs dizaines de milliers de ressortissants congolais ayant fui, à la fin de l’année 2025, l’offensive du M23 vers Uvira dans le Sud-Kivu. La délégation qui s’y est rendue vendredi rassemblait le chef de la diplomatie burundaise Édouard Bizimana, un haut représentant de l’Union africaine, le groupe des diplomates africains accrédités à Bujumbura et des humanitaires. Elle a remis à cette occasion une aide matérielle évaluée à 50 millions de francs burundais.
Sur place, les témoignages recueillis par Iwacu convergent : rations alimentaires réduites de l’ordre d’un kilogramme de farine et de 13 000 francs burundais (environ deux dollars américains) par personne et par mois selon les réfugiés interrogés , abris insuffisants, accès limité aux soins.
« Ici, tout le monde demande à rentrer dans notre pays », confie Delphin, enseignant. Un autre réfugié plaide pour un retour organisé, quitte à regagner des zones encore instables :
« Il vaut mieux mourir par balles que mourir de faim et de froid devant nos enfants ».

Face à ces appels, le ministre Édouard Bizimana a opposé un principe de précaution.
« Personne ne peut s’engager à envoyer des gens dans des zones où il y a encore des affrontements. […] Votre sécurité, vos vies importent plus », a-t-il déclaré.
Il a réaffirmé le soutien du Burundi aux initiatives de paix en cours et sa coordination avec Kinshasa et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
La représentante du HCR au Burundi, Brigitte Mukanga-Eno, a rappelé que la réunion tripartite HCR–Burundi–RDC tenue à Kinshasa n’autorise le retour organisé que vers des zones sécurisées. Le rapatriement volontaire, lancé le 23 avril 2026, a déjà permis à quelque 13 000 personnes de regagner la RDC, à raison d’environ 1 000 candidats par semaine « la capacité maximale actuelle », a-t-elle précisé.

Le contexte sécuritaire congolais demeure fragmenté. Si Uvira a été reprise par les autorités provinciales du Sud-Kivu en janvier 2026, après le retrait du M23, la rébellion conserve des positions dans la plaine de la Ruzizi et les Hauts Plateaux du territoire de Fizi, où des affrontements sont régulièrement signalés. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) recensait, au 31 mars 2026, 1,56 million de personnes déplacées internes dans la seule province du Sud-Kivu.
Le sous-financement chronique complique par ailleurs la réponse. Sur les 33,2 millions de dollars requis par l’appel à fonds lancé en décembre 2025 pour la prise en charge des réfugiés congolais au Burundi, seuls 30 % ont été mobilisés, plus de six mois après son lancement, selon la représentante du HCR.




