Le journaliste a été vu pour la dernière fois vers 18 h 30 alors qu’il circulait à moto. Dans un dernier message adressé à son épouse, il confiait avoir l’impression d’être suivi par des inconnus. Depuis, plus aucun signe de vie.
Selon une source proche de la rébellion du M23, l’ordre d’arrêter le confrère Honneur-David Safari aurait été donné par la haute hiérarchie de la rébellion du M23.
Cette décision serait liée à plusieurs articles publiés par le journaliste dénonçant les marches forcées organisées à Bukavu, Goma et Uvira dans les zones sous contrôle rebelle. Bien que ces informations n’aient pas été confirmées officiellement, elles alimentent de sérieuses inquiétudes sur le sort du journaliste.
D’après plusieurs témoignages recueillis par notre média, Honneur-David Safari aurait été conduit dans les locaux de l’ANR à Bukavu. Toutefois, le REDOC n’a jamais clairement confirmé cette détention. « Son discours reste confus. Tantôt il rassure en disant que le confrère va bien, tantôt il affirme ne pas savoir où il se trouve, avant de demander encore 24 heures », explique un journaliste de Bukavu.
La crainte demeure que le journaliste soit transféré vers d’autres centres de détention, notamment à Chanzu, dans le Nord-Kivu, tristement connu pour ses conditions de détention extrêmes. « Nous redoutons un scénario irréversible », confie un membre du comité de crise des journalistes.
Dans une communication adressée aux professionnels des médias après une réunion à la DSR (ex-ANR), à laquelle la famille du journaliste a participé, le REDOC a indiqué que, « après investigations, notre confrère n’est pas détenu dans les cachots gérés par le mouvement AFC-M23 ». Il a toutefois affirmé que des recherches sont en cours et a promis une nouvelle communication.
Cette disparition intervient dans un contexte sécuritaire extrêmement fragile dans l’est de la République démocratique du Congo. Depuis la prise de Bukavu et de Goma par le M23, les journalistes travaillent sous une pression constante, exposés aux menaces, aux intimidations et aux arrestations arbitraires. « Aujourd’hui, informer est devenu un acte à haut risque », confie un reporter local.
Face à cette situation, la corporation journalistique appelle à la solidarité et à la mobilisation. « Notre unité est notre force », rappelle le comité de crise, tout en demandant aux autorités nationales et à la communauté internationale d’agir pour faire toute la lumière sur la disparition de Honneur-David Safari et garantir sa protection.
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