L’ancien président sénégalais Macky Sall a annoncé, ce samedi 17 octobre 2026 depuis Marrakech, le retrait de sa candidature à la succession d’António Guterres. Cette décision intervient au lendemain d’un vote indicatif du Conseil de sécurité, où aucun candidat n’a fait consensus.
Macky Sall dit avoir pris sa décision après avoir consulté le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, et le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, président en exercice de la CEDEAO. Dans sa déclaration, il explique vouloir contribuer à l’émergence d’une candidature consensuelle au sein du Conseil de sécurité.
Il invoque les résultats des différents votes tests, qui, selon lui, dessinent une préférence pour une candidature issue d’Amérique latine et des Caraïbes, éventuellement féminine. Il affirme avoir voulu mettre au service de l’ONU près de quarante ans de vie publique.
Lors du vote à huis clos du vendredi 16 octobre, les quinze membres du Conseil ont attribué à chaque candidat la mention « encourage », « décourage » ou « sans opinion ». La Costaricaine Rebeca Grynspan, 70 ans, ancienne secrétaire générale de la Cnuced, reste en tête avec neuf « encourage » et cinq « décourage », dont deux émanant de membres permanents. D’après l’AFP, chacun des sept candidats a reçu au moins un avis défavorable d’un membre permanent.
Selon le média sénégalais Ndarinfo, qui cite l’AFP, Macky Sall a recueilli cinq avis favorables contre dix défavorables, dont trois de membres permanents. Ces chiffres reposent sur des sources diplomatiques, puisque le scrutin est secret.
Pour être recommandé à l’Assemblée générale, un candidat doit réunir au moins neuf voix favorables sur quinze, sans « décourage » d’un membre permanent. Six candidats restent en lice, parmi lesquels l’Argentin Rafael Grossi, l’Ougandais Olara Otunnu, la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett et l’Équatorienne María Fernanda Espinosa. Rebeca Grynspan a elle-même dit s’attendre à l’entrée de nouveaux noms. Le mandat d’António Guterres s’achève le 31 décembre 2026.
Le Burundi avait présenté la candidature de Macky Sall le 2 mars 2026, selon les documents des Nations unies. L’ancien président avait ensuite participé au dialogue interactif du 22 avril avec les États membres. Ce parrainage avait suscité des débats. Selon Jeune Afrique, cité par SenePlus, la démarche n’avait pas été discutée ouvertement au sein de l’Union africaine. Une enquête publiée par allAfrica en mars estimait que le Burundi avait déposé le dossier en usant de son statut de président en exercice de l’UA. Ces lectures sont contestées par les soutiens de l’ancien chef de l’État.
Côté sénégalais, le président Bassirou Diomaye Faye avait réaffirmé à la tribune de l’Assemblée générale le soutien de son pays à son prédécesseur. Samedi, l’Alliance pour la République (APR), parti de Macky Sall, a salué une décision « de haute portée éthique et morale ».
Dans sa déclaration, Macky Sall assure rester engagé pour la paix, la sécurité, le développement et la coopération internationale. Il souhaite plein succès à la personne qui sera appelée à diriger l’organisation, tout en appelant à une transformation profonde du fonctionnement de l’ONU et à une place accrue de l’Afrique dans la gouvernance mondiale.




