Le député national élu de Bukavu, Patrick Salumu, a rencontré ce samedi 5 septembre à Bujumbura les membres de la mutualité Lusu Lega établis au Burundi. Au menu de cet échange organisé dans le cadre de ses vacances parlementaires : documents de séjour, hausse des loyers, scolarisation des enfants réfugiés et gestion des mines de Mwenga et Shabunda.
Profitant d’un séjour à Uvira, dans le Sud-Kivu, l’élu de Bukavu a traversé la frontière pour aller à la rencontre de ses compatriotes. « Uvira et Bujumbura sont deux villes jumelles. Je ne pouvais pas passer par Bujumbura sans rencontrer ma communauté ici », a-t-il expliqué, présentant la démarche comme une visite de réconfort autant que de collecte d’informations. Les doléances recueillies doivent, selon lui, nourrir un plaidoyer à porter devant l’Assemblée nationale.
Les participants ont dressé une liste de difficultés récurrentes : les tracasseries liées aux documents migratoires, la discrimination dont s’estiment victimes des ressortissants congolais, et la hausse des loyers appliquée par certains propriétaires aux familles ayant fui la guerre. L’installation à Bujumbura d’un centre de capture des données pour la délivrance des passeports a également été réclamée, de même que l’acquisition d’un corbillard destiné au rapatriement des corps des compatriotes décédés sur place.

Plusieurs intervenants ont toutefois refusé de réduire l’élu à une seule communauté, rappelant que l’ensemble des Congolais présents au Burundi affrontent les mêmes difficultés dans le contexte sécuritaire actuel. Le docteur Isokelo Fama a rappelé que le Lusu avait été créé à Bujumbura après l’indépendance, à l’initiative de Congolais de la diaspora décidés à s’organiser en mutualité.
Le dossier minier a occupé une place importante dans les échanges. Des participants ont dénoncé le fait que le sort des mines de Mwenga et de Shabunda se décide, selon eux, à Uvira et à Kinshasa sans association des communautés locales, et ont demandé au député d’en assurer le suivi. « Les territoires de Mwenga et Shabunda sont essentiellement miniers, on ne pouvait pas se séparer sans évoquer les questions minières », a reconnu Patrick Salumu, estimant que les communautés locales doivent « se retrouver selon l’esprit des lois actuelles et même futures ».

La restructuration de la mutualité a constitué le second point de friction. Le président sortant a plaidé pour l’autonomisation financière du Lusu, afin qu’il puisse répondre aux deuils et aux maladies qui frappent ses membres. Des participants ont pour leur part demandé que la présidence revienne à une personnalité sans appartenance politique. Une position que l’élu dit défendre de longue date : « Le Lusu est une organisation communautaire, en réalité une mutualité, elle est là pour tous. » Il souhaite que les statuts précisent qu’on ne peut « à la fois être membre d’un parti politique et gérer une question aussi sensible que la question communautaire ».
Interrogé sur la situation des enfants vivant dans les camps de réfugiés, largement privés d’accès à l’école, le député a annoncé une opération de distribution de kits scolaires par sa fondation, à l’occasion de la rentrée. « Nous avons décidé d’assister au minimum 8 000 enfants », a-t-il indiqué, évoquant un chiffre pouvant atteindre 10 000 selon la répartition. Les kits seraient déjà en cours de dispatching au Sud-Kivu.
L’élu a par ailleurs promis d’inscrire la condition des réfugiés dans son rapport parlementaire, tout en appelant à des mesures immédiates. « Leurs conditions ne sont pas du tout amusantes. On a besoin de solutions palliatives maintenant pour augmenter l’assistance qu’il leur faut », a-t-il déclaré, citant l’éducation, la santé, l’alimentation et l’habillement. « La difficulté est réelle, elle est énorme », a-t-il conclu.




