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Uvira : qui sont les 344 victimes des fosses communes ?

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Par GrandsLacsTv

Publié le 11 septembre 2026

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Uvira : qui sont les 344 victimes des fosses communes ?

Le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki, fait état de 344 corps retrouvés dans trois fosses communes à Uvira et dans ses environs. Communiqué sur Top Congo FM, ce chiffre représente plus du double du premier bilan officiel publié fin février, après le retrait de l’AFC/M23 de la ville.

C’est au cours d’un entretien téléphonique avec Top Congo FM que le gouverneur a avancé ce nouveau bilan. Il actualise les données communiquées depuis plusieurs mois sur les sites de Kilomoni et de Kavimvira, à Uvira, chef-lieu provisoire du Sud-Kivu. Aucune source indépendante n’avait confirmé ce chiffre au moment de la rédaction.

Le 28 février, un communiqué du gouvernement provincial faisait état de 151 civils inhumés dans deux fosses : 121 au cimetière de Kavimvira et 30 dans un enclos du quartier Kilomoni. Le gouvernement central reconnaissait alors qu’aucune exhumation officielle n’avait encore eu lieu et que l’identité des victimes comme celle des auteurs restait inconnue.

Le 2 avril, lors d’un point de presse avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, Jean-Jacques Purusi a porté le bilan à 210 corps répartis dans trois fosses, situées à Kavimvira, Kilomoni et Kimanga. Il avait alors salué l’envoi par le chef de l’État de médecins légistes, d’inspecteurs et d’officiers de police judiciaire chargés des investigations.

Pour les familles des disparus, l’urgence est désormais d’identifier les dépouilles et de les restituer aux proches. Le mercredi 2 septembre, le gouverneur a reçu à Kavimvira une délégation du Fonds national de réparation des victimes (FONAREV), qui envisage d’ouvrir un bureau à Uvira. Le travail prévu porte sur la localisation et l’identification des fosses, puis d’éventuelles exhumations par des médecins légistes, avant une identification formelle et des inhumations dignes, en lien avec la justice.

Établissement public créé en 2022, le FONAREV accompagne et répare les victimes de violences sexuelles liées aux conflits et de crimes graves. La documentation des corps et des circonstances des décès pourrait aussi alimenter des dossiers judiciaires visant à établir les responsabilités.

Dans un rapport de 26 pages intitulé « Nous sommes des civils ! », Human Rights Watch (HRW) couvre l’occupation d’Uvira du 10 décembre 2025, quelques jours après la signature des Accords de Washington, au 17 janvier 2026. Selon l’ONG, le M23 et les forces rwandaises ont exécuté sommairement plus de 50 personnes lors de fouilles de porte à porte, violé au moins huit femmes et fait disparaître au moins 12 personnes. HRW précise que ces cas ne représentent qu’une partie des civils tués. Les combats avaient déplacé environ 200 000 personnes, dont plus de 30 000 réfugiées au Burundi. L’ONG avait par ailleurs signalé des exactions de l’armée congolaise et de milices alliées avant la prise de la ville et lors de leur retrait.

Les autorités provinciales imputent ces exécutions à l’AFC/M23, appuyée selon elles par l’armée rwandaise, et les qualifient de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Le porte-parole du mouvement, Lawrence Kanyuka, a déclaré à Reuters ne pas avoir eu connaissance de fosses communes pendant la présence du groupe à Uvira, accusant Kinshasa de propagande. En mai, l’AFC/M23 a mis en cause la crédibilité de HRW, estimant son rapport calqué sur le discours du gouvernement congolais. Le Rwanda rejette les accusations de soutien au mouvement rebelle.

Le chiffre de 344 corps ne constitue pas un bilan définitif. Selon Congo Inter, environ 110 sites auraient été localisés dans le territoire d’Uvira, notamment vers Sange, Luberizi, les hauts plateaux et Bijombo, sans que tous aient été ouverts. Dès février, des membres de la société civile de Sange évoquaient une fosse le long de la route nationale n°5, contenant une dizaine de corps.

La poursuite des fouilles et des examens médico-légaux devra préciser le nombre de victimes, leur identité et les circonstances de leur mort. HRW appelle à des enquêtes criminelles, y compris devant la Cour pénale internationale, et demande aux autorités congolaises de mener des investigations rapides, transparentes et impartiales, tout en protégeant les témoins et les preuves.

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