Mercredi 4 novembre 2026, le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, a lancé un avertissement aux dirigeants de la coalition C64 : toute tentative de se rendre à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, pour rencontrer Joseph Kabila pourrait les exposer à des poursuites pénales.
M. Shabani invoque l’article 192 du Code pénal, qui prévoit une peine de 1 à 5 ans de prison pour toute personne entretenant, sans autorisation gouvernementale, des relations avec des agents d’une puissance ennemie en temps de guerre.
Lors d’une intervention médiatique, M. Shabani a déclaré :
« L’article 192 du Code pénal prévoit une peine de 1 à 5 ans de servitude pénale pour quiconque, en temps de guerre, entretient sans autorisation du gouvernement des relations avec les sujets ou les agents d’une puissance ennemie. »
Le vice-Premier ministre estime qu’aucun responsable politique ne peut prendre l’initiative de se rendre dans les territoires occupés par l’armée rwandaise et ses alliés sans l’accord et l’accompagnement des autorités congolaises. Il rappelle que la RDC est confrontée à une agression dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu depuis plus de trois ans.
Dans ce contexte, son ministère prévoit de saisir les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat afin qu’ils interpellent les élus des formations politiques concernées. L’objectif est de les amener à « prendre leurs responsabilités » face aux initiatives annoncées par certains dirigeants de la coalition.
Jacquemin Shabani rappelle les dispositions de la loi n° 04/002 du 15 mars 2004, relative à l’organisation et au fonctionnement des partis politiques, notamment ses articles 6, 29 et 31. Il souligne que les activités et déplacements des formations politiques sont soumis à un suivi par l’administration chargée de leur encadrement.
Cette mise en garde intervient suite à l’annonce de Moïse Katumbi concernant la rencontre prévue entre les membres de la C64 et le président Félix Tshisekedi à Kinshasa, suivie d’une visite à Goma pour échanger avec l’ancien chef de l’État Joseph Kabila. La coalition présente cette initiative comme un effort pour promouvoir une solution congolaise à la crise sécuritaire et faciliter un dialogue national inclusif.
Le ministre de l’Intérieur conteste cette démarche et établit un lien avec le séjour de Joseph Kabila à Goma en janvier 2026. Il rappelle que l’ancien président a ensuite été publiquement associé à l’AFC/M23, tandis que les autorités congolaises l’accusent de soutenir les opérations menées contre la République.
Depuis 2022, les affrontements dans l’est de la RDC ont provoqué une grave dégradation de la situation sécuritaire, notamment au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. La prise de Goma par l’AFC/M23 en janvier 2025, puis celle de Bukavu en février de la même année, ont intensifié les inquiétudes des autorités et de la population face à la persistance de la crise.




